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14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 12:42
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Vivre sur l'eau... c'est un choix personnel... Attention lorsque l'on vit en couple il faut que ce choix soit mûri à deux. Si l'un des membres du couple suit l'autre c'est prendre le risque de mettre son couple en péril. Lorsqu'on navigue il y a un capitaine, un matelot et parfois le capitaine gueule parce qu'il stresse et que le matelot ne va pas assez vite. Dans sa tête le capitaine parle  au matelot, sauf que le matelot n'aime pas trop que son mari lui parle sur ce ton... Résultat le matelot jette l'amarre et envoie le capitaine allez se faire... voir ailleurs pour rester correct...

Tous ceux qui vivent en couple sur l'eau et qui ont navigué voit sans doute de quoi je parle... On en rigole maintenant que nous sommes parvenus à faire la part des choses entre le couple de vie et le binôme de travail mais je crois que nous avons tous connu de belles engueulades....

Passés les ecueils du couple vous avez oublié que votre famille ne voit pas du tout le choix de vivre sur l'eau de la même manière que vous... Vous vivez une vivre libre, nomade, bohême, mais eux y voit d'abord un super plan pour passer des vacances sur un paquebot fluvial surtout dans le midi, ou voit leur enfant devenir gitan, ou voit leur frère devenir un peu marginal, SDF...

Quand on accueille la famille à bord il est plus sage de ne pas naviguer à la première visite... Nous avons fait l'erreur de naviguer avec certains membres de notre famille, un peu trop rapidement et sur un bateau les proches peuvent s'y sentir comme un poisson dans l'eau et avoir la bonne idée de vous aider mais sans trop connaitre les risques liés aux amarres, aux écluses... Les proches peuvent avoir peur du plafond bas, de couler, du bruits des hydrophores, du bruit des amarres les nuits de grand vent, des douches, des WC, du clapoti de l'eau, du hululement de la chouette, du bruit de la branche de platane qui tombe sur le pont, que vous mourriez en sautant du bateau...

En même temps ils peuvent ne pas avoir peur de retenir le bateau dans l'écluse le doigt entre le bolard et l'amarre, de retenir le bateau sans le bolard,  de sauter du bateau alors que vous êtes encore à 3 mètres de la berge, de s'adosser au bajoyer en attendant que l'éclusier manoeuvre les ventelles...

La famille peut trouver que vous êtes dans une régression sociale... Pourquoi renoncer au confort de l'eau et de l'électricité magiques? La famille délie sa langue pour ne pas hésiter à comparer votre luxemotor de 22m que vous êtes entrain d'aménager au superbe bateau hotel avec jacouzi et piscine sur le pont...

Après une visite à l'amarrage et une navigation, s'ils reviennent avec le sourire c'est qu'ils ont passer le cap et ont compris que c'est votre choix de vie et que ça ne concerne que vous...
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28 décembre 2009 1 28 /12 /décembre /2009 21:11
Vivre à bord, c'est franchir une frontière.
On franchit une frontière spatio-temporelle. L'espace temps prend une nouvelle dimension.
On franchit une frontière avec la France sédentaire, pour devenir nomade et donc un peu étranger aux autres. On quitte la terre, on embarque dans une autre dimension, on n'est plus relié à la terre que par des amarres.

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Pour la plupart d'entre nous, nous étions des gens d'à-terre et nous devenons des gens d'à-bord. Les gens d'à-terre deviennent le miroir de ce que nous étions auparavant. Le bateau me faisait rêver et la vision d'un bateau me transportait ailleurs. Nous faisons donc rêver les gens d'à-terre quand nous arrivons quelque part mais nous leurs faisons peur aussi... nous sommes étrangers... et dans un village, inconnu et étranger sont synonymes... et nous renvoyons aussi une image de liberté à des gens qui ont choisi d'acheter des terres ou qui ont été contraint de cultiver des terres qu'ils ont hérité. La terre rassure mais fixe, le bateau transporte mais inquiète...

Les interactions sociales se trouvent donc biaisées... La notion de propriété privée change... Il n'est pas rare de voir quelqu'un d'à-terre s'approprier votre bateau pour visiter le pont... Une petite anecdote personnelle... 2 individus montent sur notre bateau pour prendre une photo. ma femme leur demande:
"- Qu'est-ce que vous faites là ?"
"- Ben, on prend une photo..."
"- Mais vous etes chez moi, descendez tout de suite" 
"- Eh, Oh, ça va vous n'allez pas nous en faire un fromage, nous sommes sur le domaine public..."

Les gens d'à-terre n'imaginent pas que la personne vivant sur l'eau puisse avoir un métier. Ils s'imaginent que nous sommes de perpétuels rentier ou des SDF (ce qui ne serait pas tout à fait faux si le terme était employé dans le bon sens) ou des vacanciers à l'année.

Pour les gens d'à-terre du village, nous ne faisons pas tout à fait parti du village... et c'est sans doute lié aux amarres.

Vivre sur un bateau ne laisse pas l'autre indifférent. Ca fait rêver, ou ça inquiète, en tout cas ça questionne...


Pour aller plus loin:

Sociologie et loisirs sur le Canal Saint Martin

Un mode de vie "nomade"

Sciences Humaines et Habitat Fluvial: 1.Préambule
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16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 23:49
Une autre vision de la vie sur l'eau, un peu éloignée de la vie sur l'eau diffusée dans les reportages TV... Vision décalée avec laquelle je suis en phase...


L'extrait fait partie d'un reportage de John-Paul Lepers "un toit pour moi", diffusé sur
latelelibre.fr,


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14 décembre 2009 1 14 /12 /décembre /2009 11:06
Vivre sur l'eau, ça a été pour nous le choix de la décroissance volontaire.

nuggets

-> Nous avons choisi une vie plus simple, mais de meilleure qualité. Nous n'avons plus de factures d'eau, mais nous traitons nous-mêmes l'eau et du coup nous consommons beaucoup moins (Consommation 1m3 par semaine qui nous coûte 2 € de traitement de l'eau.).
 
-> Pour l'électricité nous avons divisé par 3 notre consommation par rapport à la vie en ville (25 € / mois) mais c'est forcément moins d'appareillage électrique, donc moins de confort moderne...

-> Pour la vie sur l'eau plus de voiture non plus et une consommation de 300 litres de fuel pour nos déplacements en bateau. Cela correspond à 5 semaines de navigation par an et c'est l'equivalent de 500 km de navigation...

-> Nous avons réfléchi un peu et décidé de vivre un peu plus en accord avec la nature, un peu plus en accord avec notre éthique, avec notre philosophie de vie. Nous n'avons pas la TV, nous ne recevons aucune pub papier et ce simple choix nous amène à consommer moins superflu.

-> Nous nous chauffons essentiellement au bois et on s'arrange pour le récupérer plutôt que de couper des arbres en pleine santé. Nos factures de chauffage sont donc de 0 € ( mais le chauffage par poêle à bois est moins confortable qu'un chauffage central au fuel)...

La décroissance volontaire c'est choisir de faire soit même un potager, c'est manger végétarien (division du coût des courses par 2 en ne mangeant que bio ou presque, et surtout 1 jour sans viande c'est 5 000 litres d'eau économisée, et de la terre cultivable libérée), c'est faire ses yaourts soi-même, c'est arrêté de consommer juste pour consommer... La vie sur l'eau peut permettre d'opter pour la décroissance volontaire ou pas...

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26 mai 2009 2 26 /05 /mai /2009 09:11



Le Canal du midi commence à Toulouse et joint Sète... 240 km de Canal... Le Canal traverse de nombreux villages dans lesquels il y a souvent un port privé, municipal ou VNF... Dans chaque port quelques résidents à l'année, quelques anglais vivant l'été sur un bateau au soleil et l'hiver en Angleterre dans une maison (Pourquoi ne pas faire le contraire????) et de nombreux touristes de Pâques à la Toussaint venus louer des pénichettes...

Quand on est dans un port dans un village on a des rapports cordiaux avec les gens d'à terre mais ce ne sont pas vraiment des voi
sins... On a des voisins dans le port où l'on réside mais les choses peuvent changer rapidement puisque n'importe lequel d'entre nous peut partir du jour au lendemain pour voir si l'eau est plus verte ailleurs... et puis il y a les voisins des autres ports que l'on rencontre grâce aux navigations et lorsque l'on se rencontre c'est l'occasion d'échanger sur les bateaux, les moteurs, les peintures... L'information part avec le navigant et se colporte de bateau en bateau, de port en port... C'est Radio Canal...

Ces rapports de voisinages sont distandus, occasionnels, irréguliers mais très forts... C'est un plaisir de voir amarrer un voisin dans son port et un plaisir et un pincement au coeur de le voir démarrer... un bateau qui navigue c'est la vie du village du Canal du midi... Mais la vie dans le village c'est une vie dans laquelle le temps s'étire, c'est une vie dans laquelle il y a des castes: la caste des luxmotors, celle des Freycinets, celle des bountyboats, celle des bateaux hôtels, celle des
timoneries en acier de 3,00 m qui posent problèmes pour le passage de Capestang et Marengo, celle des anglais... et c'est dommage quand on voit le nombre de nationalités qui cotoie le Canal qu'il n'y ait pas plus d'échanges interculturels, c'est dommage qu'il n'y ait que des occidentaux (parfois on croise un russe ou un chinois, ou un africain mais c'est trop rare), c'est dommage que la solidarité ne joue qu'entre les castes... mais bon c'est la vie du village...

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6 avril 2009 1 06 /04 /avril /2009 09:22
Avant que l'on se décide complètement de se lancer dans l'aventure de l'achat d'un bateau logement, nous nous sommes renseignés. Nous avons consulté le magazine "Fluvial". Il présente beaucoup d'annonces mais les articles semblent plus concerner les locations de pénichette que la vie sur l'eau...

Alors pour étoffer nos connaissances, nous sommes mis à faire des recherches sur Internet. On y a trouvé tout plein d'infos en vracs et contradictoires et puis on est tombé un jour sur le blog du Mola Mola (http://mola-fr.blogspot.com).

Il nous a intéressé parce que ça ressemblait à notre projet. un bateau logement de 20 à 25m, déjà un peu aménagé et en partie aménageable, navigant et navigable par un débutant...

Et puis des fois je le croise en vrai et c'est assez amusant de croiser un bateau que l'on connait... que l'on ne connait pas vraiment en fait mais que l'on connait par Internet...



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8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 11:25


Une vidéo d'interview du propriétaire de l'Ange Gabriel... je me retrouve sur certains points avec sa vision de la vie sur l'eau... La gestion des énergies, la proximité de la nature, le plaisir de la navigation, le nomadisme, la liberté... et vous vous y retrouvez?
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14 février 2009 6 14 /02 /février /2009 20:29
Vivre sur un bateau de plaisance c'est faire le choix de devenir nomade... Cela implique de posséder un livret de circulation et de le faire viser régulièrement à la gendarmerie... Les bateliers ne sont pas concernés ils possèdent le siège social de leur entreprise comme domicile...

Petit détail : Pour une perquisition, si votre bateau est votre domicile il est sous la même loi qu'une maison...

Pour les impôts c'est suivant la direction régionale... Par chez nous c'est ni taxe foncière, ni taxe d'habitation mais ça peut être les deux...




Droit au nomadisme :
loi du 3-1-1969 modifiée par la loi du 26-5-1977 relative à l'exercice des activités ambulantes et au régime applicable aux personnes circulant en France sans domicile ni résidence fixe. La loi du 31-5-1990 prévoit la mise en place dans chaque département d'un schéma départemental d'accueil des gens du voyage. La loi définit : 1o) les personnes exerçant une activité ambulante : marchands ambulants et forains. Les marchands ambulants souscrivent une déclaration renouvelable tous les 2 ans ; les forains doivent détenir un livret spécial de circulation valable 5 ans ; 2o) les caravaniers (sans domicile fixe mais justifiant de ressources régulières), qui doivent être titulaires d'un livret de circulation visé chaque année, et les nomades (sans ressources régulières), qui doivent détenir un carnet de circulation visé tous les 3 mois.
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31 janvier 2009 6 31 /01 /janvier /2009 13:29
Aujourd'hui l'inspiration me manque pour écrire un article... Je fréquente souvent ces sites sur lesquels je trouve de jolies photos... Comment font-ils pour prendre le Canal du midi et les bateaux aussi bien... 


Blog d'Ossiane: Photos sur le Canal du Midi (entre autres) et petits poèmes... Très joli blog...

http://ossiane.blog.lemonde.fr/category/le-canal-du-midi/


Flickr... Tout le monde connait... le premier lien pour aller directement aux photos sur le canal du midi les plus récentes, le second lien classe les photos par ordre de préférences...

http://www.flickr.com/search/?q=Canal+du+midi&s=rec


http://www.flickr.com/search/?q=Canal+du+midi&s=int

Enfin vous connaissez sans doute l'outil, je vous donne le lien de ce petit logiciel qui permet de surfer sur les images sur le web, de manière rapide et efficace...

http://www.cooliris.com
 

 
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25 janvier 2009 7 25 /01 /janvier /2009 08:56


Les villes sont souvent traversées par des cours d'eau. Le bateau est le moyen de transport par excellence. Il fait rêver... Il suffit de regarder le nombre de personnes se masant près d'une écluse lorsqu'un bateau la franchi... Il n'est pas rare non plus que les promeneurs saluent les bateaux navigants...

De l’écluse n°2 à l’Ecluse de l’Océan… 

J’ai découvert le Canal du Midi et l’Univers de la navigation en 2001. Natif des Ardennes, j’ai souvent arpenté les berges de la Meuse. Elle traverse Sedan avant de s’échapper vers Charleville où elle débute un trajet sinueux dans la vallée et elle s’élargit en Belgique avant de se perdre dans un estuaire commun avec le Rhin…

Dans les années 1980 je passais tous les jours sur le chemin du collège devant le port à charbon. Je n’y voyais jamais de bateau et pour cause, de port il n’avait plus que le nom, puisque ça faisait longtemps que le charbon n’était plus utilisé dans l’industrie locale. Mais je m’arrêtais systématiquement devant l’Écluse de Torcy, quand un plaisancier ou une péniche venait à passer. Ça me fascinait, ça m’aspirait parce que des écluses j’en avais entendu parler toute mon enfance, et ma mère nous emmenait voir pendant les vacances le plan incliné en Alsace ou la vallée des Écluses du canal des Ardennes.  Ma mère nous racontait le halage, les écluses, les mariniers et tout ça elle l’avait vécu depuis l’écluse n°2 dans laquelle elle avait vu le jour. Et le voyage en péniche elle l’avait connu à 1 an quand en mai 40 l’évacuation avait eu lieu pour elle et sa famille en Freycinet… Son père avait rejoint la Bourgogne où pendant la guerre il éclusa sur le canal de Bourgogne…

Et ma mère me transportait dans son désir de voyage, de canal, d’écluse et toussa je l’enfuis dans ma mémoire…

« Comme je descendais des fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guider par les haleurs… »

et puis le temps passa et en 2001 j’eu l’envie de faire un voyage en péniche… 30 ans, je mêlai voyage pédagogique avec un groupe de jeune avec qui je travaillais et le désir personnel de découvrir la navigation et le canal du midi… Je vécu 15 jours de rêve sur un Luxmotor… J’étais satisfait… J’avais assouvi ma soif de navigation, de canal et d’écluses… jusqu’à ce que ça me reprenne… 3 ans plus tard je fis le projet de travailler sur l’eau… et après 3 ans de travail sur le Canal j’étais mûr… Vivre sur l’eau et je me lançai dans l’aventure de la vie sur l’eau… La boucle était bouclée… 

Habiter un bateau logement c'est aussi faire un choix de vie spécial, c'est prendre de la distance par rapport à la normalité... C'est accepter de devenir SDF... C'est accepter d'être vu comme un marginal... C'est aussi la liberté.. C'est aussi les contraintes de l'entretien du bateau... 

Finalement il faut être un peu frappé pour vivre sur l'eau, c'est tellement plus simple de vivre dans une maison... Pourtant pour rien au monde je ne troquerais ma vie actuelle contre une vie Parisienne... A Paris les gens courent après le temps... sur le Canal le temps n'existe plus...

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