J'ai créé ce blog pour faire partager mon expérience de l'habitat fluvial... Notre passage de la sédentarité vers le nomadisme...
Les villes sont souvent traversées par des cours d'eau. Le bateau est le moyen de transport par excellence. Il fait rêver... Il suffit de regarder le nombre de personnes se masant près d'une écluse lorsqu'un bateau la franchi... Il n'est pas rare non plus que les promeneurs saluent les bateaux navigants...
De l’écluse n°2 à l’Ecluse de l’Océan…
J’ai découvert le Canal du Midi et l’Univers de la navigation en 2001. Natif des Ardennes, j’ai souvent arpenté les berges de la Meuse. Elle traverse Sedan avant de s’échapper vers Charleville où elle débute un trajet sinueux dans la vallée et elle s’élargit en Belgique avant de se perdre dans un estuaire commun avec le Rhin…
Dans les années 1980 je passais tous les jours sur le chemin du collège devant le port à charbon. Je n’y voyais jamais de bateau et pour cause, de port il n’avait plus que le nom, puisque ça faisait longtemps que le charbon n’était plus utilisé dans l’industrie locale. Mais je m’arrêtais systématiquement devant l’Écluse de Torcy, quand un plaisancier ou une péniche venait à passer. Ça me fascinait, ça m’aspirait parce que des écluses j’en avais entendu parler toute mon enfance, et ma mère nous emmenait voir pendant les vacances le plan incliné en Alsace ou la vallée des Écluses du canal des Ardennes. Ma mère nous racontait le halage, les écluses, les mariniers et tout ça elle l’avait vécu depuis l’écluse n°2 dans laquelle elle avait vu le jour. Et le voyage en péniche elle l’avait connu à 1 an quand en mai 40 l’évacuation avait eu lieu pour elle et sa famille en Freycinet… Son père avait rejoint la Bourgogne où pendant la guerre il éclusa sur le canal de Bourgogne…
Et ma mère me transportait dans son désir de voyage, de canal, d’écluse et toussa je l’enfuis dans ma mémoire…
« Comme je descendais des fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guider par les haleurs… »
et puis le temps passa et en 2001 j’eu l’envie de faire un voyage en péniche… 30 ans, je mêlai voyage pédagogique avec un groupe de jeune avec qui je travaillais et le désir personnel de découvrir la navigation et le canal du midi… Je vécu 15 jours de rêve sur un Luxmotor… J’étais satisfait… J’avais assouvi ma soif de navigation, de canal et d’écluses… jusqu’à ce que ça me reprenne… 3 ans plus tard je fis le projet de travailler sur l’eau… et après 3 ans de travail sur le Canal j’étais mûr… Vivre sur l’eau et je me lançai dans l’aventure de la vie sur l’eau… La boucle était bouclée…
Habiter un bateau logement c'est aussi faire un choix de vie spécial, c'est prendre de la distance par rapport à la normalité... C'est accepter de devenir SDF... C'est accepter d'être vu comme un marginal... C'est aussi la liberté.. C'est aussi les contraintes de l'entretien du bateau...
Finalement il faut être un peu frappé pour vivre sur l'eau, c'est tellement plus simple de vivre dans une maison... Pourtant pour rien au monde je ne troquerais ma vie actuelle contre une vie Parisienne... A Paris les gens courent après le temps... sur le Canal le temps n'existe plus...